Quand un commerçant demande le prix d'un site internet, on lui répond souvent par un chiffre sorti d'un chapeau. Le problème, c'est qu'un site n'a pas un prix mais trois coûts : ce qu'il faut payer pour le créer, ce qu'il faut payer pour le garder en ligne, et le temps qu'il vous coûte chaque mois. Beaucoup de commerçants regardent le premier et découvrent les deux autres trop tard.
Les trois coûts d'un site internet
1. La création
C'est le travail de départ : choisir la structure, écrire les textes, préparer les photos, régler l'affichage sur téléphone, relier le site à votre fiche Google. Selon la façon de faire, ce coût va de zéro euro (si vous le faites vous-même) à plusieurs milliers d'euros en agence.
2. Le fonctionnement
Un site ne vit pas seul. Il lui faut :
- un nom de domaine (votre-commerce.fr), renouvelé chaque année ;
- un hébergement (l'ordinateur qui le garde en ligne jour et nuit) ;
- un certificat de sécurité (le petit cadenas « https ») ;
- des mises à jour techniques, surtout sur les outils comme WordPress.
Ces frais sont modestes pris un par un, mais ils tombent tous les ans, parfois tous les mois.
3. Votre temps
C'est le coût que personne ne compte. Changer des horaires, ajouter une photo, corriger un tarif, comprendre pourquoi une page ne s'affiche plus : si c'est vous qui le faites, c'est du temps que vous ne passez pas avec vos clients. Pour un artisan payé à l'heure, c'est même le coût le plus élevé.
Les quatre façons d'avoir un site, et ce qu'elles coûtent vraiment
| Solution | Coût de départ | Coût dans la durée | Votre temps |
|---|---|---|---|
| Le faire soi-même (Wix, Jimdo, WordPress) | faible | abonnement de l'outil + domaine | beaucoup : tout repose sur vous |
| Un freelance | moyen à élevé | hébergement + chaque modification facturée | moyen |
| Une agence | élevé | maintenance souvent en option | faible au début, élevé pour chaque changement |
| Un abonnement tout compris | faible | mensualité fixe | très faible : on s'en occupe pour vous |
Le faire soi-même
Les outils de création en ligne promettent un site en quelques heures. C'est vrai pour obtenir une page en ligne. C'est beaucoup moins vrai pour obtenir un site qui vous amène des clients : textes pensés pour Google, photos bien cadrées, affichage parfait sur téléphone, liaison avec la fiche Google. Si vous aimez ça et que vous avez du temps, c'est une option honnête. Sinon, le site reste souvent inachevé ou jamais mis à jour.
Lisez notre comparatif détaillé : Wix, WordPress ou site clé en main.
Un freelance ou une agence
Vous payez un vrai travail de conception, ce qui donne souvent un meilleur résultat qu'un site fait seul. Deux points à vérifier avant de signer :
- Qui possède le site et le nom de domaine ? Le domaine doit être à votre nom, pas à celui du prestataire.
- Combien coûte une modification ? Si chaque changement d'horaire est facturé, le coût réel grimpe vite.
Un abonnement tout compris
C'est le modèle de plus en plus courant pour les commerces de proximité : une mise en service payée une fois, puis une petite mensualité qui couvre l'hébergement, le domaine, la sécurité et les modifications. L'avantage est que le coût est connu d'avance et que le site reste à jour sans vous. Le point à vérifier : pouvez-vous arrêter quand vous voulez, et que devient le site si vous partez ?
Ce qui fait vraiment varier le prix
Tous les sites ne demandent pas le même travail. Ce qui fait monter la facture :
- le nombre de pages : un site d'une page bien construite suffit à la plupart des commerces de proximité (voir un site d'une page suffit-il ?) ;
- la vente en ligne : un vrai site marchand, avec paiement et gestion de stock, est un autre projet, bien plus lourd ;
- la prise de rendez-vous : souvent gérée par un outil spécialisé relié au site ;
- les photos : un reportage photo professionnel est un poste à part ;
- la rédaction : des textes écrits pour Google demandent du temps et du savoir-faire.
Les coûts cachés à surveiller
Avant de choisir, posez ces questions. Elles évitent les mauvaises surprises :
- Le nom de domaine est-il inclus, et à quel nom est-il enregistré ?
- L'hébergement et le https sont-ils compris dans le prix ?
- Combien de modifications par mois sont incluses ?
- Y a-t-il un engagement de durée ? Des frais de résiliation ?
- Si j'arrête, est-ce que je récupère mon nom de domaine ?
- Qui s'occupe des mises à jour de sécurité ?
Comment calculer le bon budget pour votre commerce
Posez-vous une question simple : combien vous rapporte un nouveau client fidèle ? Prenons un exemple fictif : un coiffeur dont le client moyen revient six fois par an pour une coupe à 20 €. Ce client représente 120 € par an. Si le site en amène un seul nouveau par mois, il rapporte bien plus qu'il ne coûte, même avec un abonnement mensuel.
Le calcul change selon votre métier, mais le raisonnement reste le même : un site se juge à ce qu'il rapporte, pas à ce qu'il coûte.
Questions fréquentes
Un site internet est-il obligatoire pour un commerce ?
Non, aucune loi n'oblige un commerce à avoir un site. Mais si vous en avez un, il doit contenir certaines informations obligatoires, comme les mentions légales. Voir notre guide sur les mentions légales d'un site de commerce.
Combien coûte un nom de domaine ?
Un nom de domaine en .fr ou .com coûte généralement quelques euros à une vingtaine d'euros par an selon le fournisseur. Il est souvent inclus dans les offres tout compris.
Vaut-il mieux payer une fois ou chaque mois ?
Payer une fois donne un site qui vous appartient, mais tout le reste (hébergement, mises à jour, modifications) reste à votre charge. Payer chaque mois coûte plus cher sur le très long terme, mais tout est géré et le site ne vieillit pas. Pour un commerçant qui n'a pas le temps de s'en occuper, l'abonnement est souvent plus rentable.
Peut-on avoir un bon site pour moins de 100 € ?
Oui, surtout avec les formules par abonnement où la création est payée une seule fois à un prix bas. Vérifiez simplement que le nom de domaine, l'hébergement et les modifications sont bien compris.
Ce guide est rédigé par l'équipe Pixir à partir de notre expérience auprès des commerces de proximité. Les obligations légales évoluent : pour une situation précise, vérifiez sur les sites officiels (service-public.fr, CNIL, economie.gouv.fr).